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MYSTÉRIEUX
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ge d’y veiller et de lui redemander mon anneau. »

— Vraiment ! reprit Deschesnaux. Alors, tu sais tout ?

— Tout, et vous feriez mieux de rester mon ami.

— Personne n’était-il présent, quand M. Hocquart t’a parlé ?

— Pas un être vivant. Croyez-vous que M. l’intendant confierait ses secrets à tout autre qu’à un homme éprouvé comme moi ?

Deschesnaux regarda autour de lui.

La litière était à une quinzaine d’arpents devant eux ; on était au milieu d’une route, et le plus grand silence régnait partout. Il continua :

— Tu voudrais donc te tourner contre celui dont tu as été l’apprenti, Michel ?

— Ne m’appelez pas Michel tout court ; vous pouvez dire « monsieur » ; je le suis autant que vous. Si j’ai été en apprentissage, mon temps est fini, et je puis passer maître à mon tour.

— Reçois d’abord tes gages, insensé ! dit Deschesnaux en prenant son pistolet et en traversant le corps de Lavergne d’une balle.

Le malheureux tomba sans pousser un seul cri.

Deschesnaux, mettant pied à terre, le fouilla, prit la lettre de l’intendant et s’éloigna.