Page:Houde - Le manoir mystérieux, 1913.djvu/224

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
224
LE MANOIR

CHAPITRE XXXVII

L’EXPIATION COMMENCE


Resté seul avec Taillefer et Cyriaque, DuPlessis apprit comment ce dernier avait pris la lettre au premier pour lui faire une farce, avec l’intention de la lui remettre le soir. Mais Taillefer, chassé du château par Lavergne, ainsi que nous l’avons vu, n’avait plus reparu. Cyriaque avait commencé à éprouver de l’inquiétude pour son étourderie. En regardant l’adresse de la lettre à l’intendant, il avait senti ses craintes redoubler, et avait essayé, sans pouvoir y parvenir, d’approcher de l’intendant pour lui parler en particulier. Le soir de la mascarade, dont il faisait partie, en voyant DuPlessis et M. Hocquart sortir ensemble, il s’était faufilé derrière eux, et, grâce à sa petite taille, il n’avait pas été aperçu. Il avait entendu l’intendant provoquer DuPlessis et prendre rendez-vous dans le parterre, et quand les deux adversaires y furent arrivés, il avait prévenu la garde, qui avait interrompu le duel sans voir les duellistes. Le lendemain il avait surveillé leurs démarches et les avait suivis, en courant à côté du chemin, jusqu’à leur second rendez-vous, après avoir été avertir Taillefer à l’auberge de M. Lafrenière. Nous devons ajouter que Cyriaque devait l’ardeur qu’il venait de témoigner dans cette affaire, à une indiscrétion : il avait lu la lettre et compris, malgré son apparente légèreté, quelle importance il y avait à empêcher une rencontre entre l’intendant et DuPlessis, et à remettre la missive le plus promptement possible au premier. En