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MYSTÉRIEUX
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CHAPITRE XXXVI

UNE EXPLICATION TARDIVE


Les divertissements dans l’après-midi suivante furent un combat simulé sur le fleuve entre des Indiens en canots. Pendant que le gouverneur et sa suite et une foule assez nombreuse y assistaient, M. Hocquart et DuPlessis en étaient absents. Mais leur absence ne fut remarquée de personne. Ils avaient pris chacun un cheval et s’étaient dirigés sur le chemin des Forges, s’arrêtant à environ une demi-lieue de la ville, dans un endroit où ils pensaient ne pouvoir être interrompus. Mais le passage d’une dizaine d’hommes qui transportaient du fer en charrette, des Forges à la ville, les retarda d’un quart d’heure. Lorsque tout bruit eut cessé et que personne ne fut plus, en vue, l’intendant, mettant pied à terre, dit :

— Nous serons bien ici…

DuPlessis imita son exemple, mais ne put s’empêcher de dire :

— Monsieur, tous ceux qui me connaissent, savent que je ne suis pas un lâche. Je crois donc pouvoir, sans bassesse, vous demander ce qui a pu motiver votre fureur contre moi.

— Mettez-vous en garde, M. DuPlessis, si vous ne voulez recevoir de moi un affront qui vous y force.

— Il n’en est pas besoin, monsieur. Que Dieu soit juge entre nous !

Il avait à peine fini sa phrase que les épées se joignirent et le combat commença.

Il durait depuis quatre ou cinq minutes avec beaucoup de vigueur et d’adresse de part