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MYSTÉRIEUX
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parents. C’est ce qu’il m’a dit. L’occasion est propice pour l’emmener, ainsi que nous en sommes convenus.

— Et DuPlessis ?

— DuPlessis, monsieur l’intendant, n’apprendra pas avant demain son départ, qui aura lieu ce soir même. On s’occupera de lui plus tard.

— Son sort me regarde, Deschesnaux ; ce sera ma propre main qui me vengera de lui.

— Votre main ! monsieur l’intendant. DuPlessis, dit-on, témoigne le désir de voyager : on fera en sorte qu’il ne revienne pas.

— Non, non, je n’attendrai pas cela. C’est moi-même qui me vengerai de cet ennemi qui a pu me faire une blessure si cruelle que désormais ma vie sera empoisonnée par la douleur et le remords. Non, plutôt que de renoncer à me faire justice de cet exécrable conspirateur, j’irais tout dévoiler aux de Beauharnais.

Deschesnaux vit avec appréhension l’agitation de l’intendant. Ses yeux lançaient des éclairs, et sa voix tremblait malgré les efforts qu’il faisait pour la rendre assurée.

— Monsieur, dit le confident en conduisant son maître devant une glace, regardez-vous et jugez si ces traits décomposés sont ceux d’un homme capable de prendre conseil de lui-même dans une si grave circonstance.

— Que voulez-vous de moi ? fit l’intendant frappé du changement de sa propre physionomie ; suis-je votre vassal, l’esclave de mon serviteur ?

— Non, monsieur, mais j’ai honte de la faiblesse que vous manifestez. Allez devant la marquise et sa protégée ; déclarez votre mariage ; expliquez en présence de tout le monde, la honteuse comédie montée par votre épouse, de concert avec DuPlessis, pour vous forcer à reconnaître publiquement votre union. Allez, monsieur ! mais recevez les adieux de Desches-