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MYSTÉRIEUX
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quise et Mlle de Beauharnais seraient en visite chez M. le commandant des Trois-Rivières, votre rival et le protecteur de ce même DuPlessis. L’agent de DuPlessis arriva déguisé en colporteur, et eut plusieurs entrevues avec madame, qui s’enfuit avec lui pendant la nuit. Elle arriva au château, où DuPlessis la logea dans son appartement.

— La preuve de ceci, Deschesnaux, la preuve, de suite !

— Voilà, monsieur, le gant de madame resté dans la chambre qu’elle a quittée. Ce matin, il y a été ramassé par ce géant de gardien que vous avez vu, qui ne connaît pas madame par son nom, mais qui a dit que c’était le gant de la dame qui habitait la chambre du capitaine DuPlessis.

— Oui, dit M. Hocquart en regardant le gant, oui je le reconnais. Elle avait l’autre dans la main qu’elle me tendait tantôt avec affection, en m’envoyant au-devant de la disgrâce, du déshonneur, de la ruine, du désespoir ! La lumière éclate à mes yeux. Je ne puis me refuser à l’évidence. L’infâme créature, elle se ligue avec mes ennemis. Et vous, malheureux, que ne parliez-vous plus tôt ?

— Je vous l’ai dit, monsieur, je n’ai possédé les preuves de ce complot que ce matin, à l’arrivée de Cambrai. Si je vous eusse averti avant de connaître les détails de cette intrigue, une larme de votre épouse vous aurait empêché d’ajouter foi à ce qui n’eût été encore que des soupçons.

— Maintenant, Deschesnaux, l’évidence est si claire que ma vengeance ne saurait être injuste ni trop précipitée. Voilà donc d’où venait la haine que la misérable avait vouée à mon fidèle serviteur. Elle abhorrait celui qui déjouait ses complots.

— Je n’ai jamais donné d’autres sujets de haine à madame. Elle savait que mes conseils