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LE MANOIR

— Vous m’apportez un message de M. Hocquart ? dit-elle en voyant entrer Deschesnaux ; serait-il donc malade ?

— Non, madame, grâce au ciel. Mais le message que j’ai à vous communiquer doit être secret.

— Laissez-nous, Louise, et vous aussi, M. Cambrai ; mais restez dans la chambre à côté.

Cambrai et sa fille se retirèrent dans une pièce voisine. Le premier avait un air farouche et soupçonneux, et Louise priait, les mains jointes, pour sa maîtresse, qu’elle croyait menacée de quelque danger.

— Tu as raison, ma fille, prie ! Nous avons tous besoin de prières, et quelqu’un d’entre nous plus que personne. L’arrivée de Deschesnaux nous présage quelque malheur.

Louise jetait les yeux avec effroi vers la porte de la chambre. Cependant, tout paraissait fort tranquille ; à peine si l’on entendait murmurer quelques paroles. Tout à coup la voix de Mme Hocquart éclata avec indignation.

— Ouvrez la porte, monsieur ! cria-t-elle, ouvrez ! je vous l’ordonne.

La porte s’ouvrit et l’on vit Mme Hocquart au milieu de la chambre, les veines du front gonflées et les yeux lançant des éclairs de fierté et de colère.

— Au nom de la vérité, demanda Louise tout émue, que vous est-il arrivé, madame ?

— Par le mauvais esprit ! demanda à son tour Cambrai à Deschesnaux, qu’avez-vous fait ?

— Rien, répondit ce dernier. Je lui ai seulement communiqué les ordres de M. Hocquart.

— Louise, j’en atteste le ciel, s’écria Mme Hocquart, la voix tremblante, le traître en a menti, car ce qu’il m’a dit outrage l’honneur de mon mari. Regarde-le, Louise, regarde ce misérable ; il a l’extérieur d’un gentilhomme,