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LE MANOIR

CHAPITRE XXI

L’AVERTISSEMENT


Tom Cambrai, pour suivre les instructions de Deschesnaux, et aussi pour satisfaire son avarice, avait eu soin de se mettre à l’abri des indiscrétions en ayant le moins de serviteurs possible. Un vieux domestique et une vieille femme, amenés de Québec, suffisaient pour le service de la maison. Louise était aux ordres de la maîtresse. Lorsque Taillefer frappa à la porte, ce fut la vieille femme qui vint ouvrir. Elle répondit par des injures à la demande qu’il fit d’entrer offrir ses marchandises aux dames de la maison. Mais il apaisa la vieille en lui glissant une pièce d’argent et en lui promettant une robe si sa maîtresse lui achetait quelque chose.

— Dieu vous bénisse ! car j’en ai grandement besoin. Passez de l’autre côté de la maison, dans le jardin, où madame se trouve en ce moment.

Taillefer, resté seul, se mit à chanter :


Voulez-vous dentelles de Liège,
Masques en Satin, gants en peau,
Du linon plus blanc que la neige,
Du crêpe noir comme un corbeau ?


— Qu’est-ce que c’est, Louise ? dit Mme Hocquart.

— Madame, c’est un de ces marchands de vanités que l’on appelle colporteurs, qui débitent leurs chansons encore plus futiles que leurs marchandises. Je suis étonnée que la vieille Marguerite l’ait laissé entrer.