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LE MANOIR

CHAPITRE XVII

LA REQUÊTE


En recevant la requête des mains de DuPlessis, M. de Beauharnais lui avait dit de repasser le lendemain à dix heures pour avoir la réponse. Lorsqu’il se présenta à l’heure indiquée, il fut introduit dans une salle où se trouvaient déjà rendus M. Hocquart et Deschesnaux. Après quelques minutes d’attente, on vit apparaître le marquis. M. Hocquart devint pâle et nerveux. Deschesnaux garda son front d’airain. M. de Beauharnais prit la parole en s’adressant à l’intendant :

— Je vous ai fait mander pour vous parler d’une affaire qui concerne un homme de votre maison, M. Deschesnaux, et qui, à cause de ce fait, peut vous attirer le reproche de ne pas exercer sur les personnes de votre entourage toute la surveillance nécessaire. En aussi peu de mots que possible, voici ce dont il s’agit. D’abord, asseyez-vous, messieurs. J’ai reçu hier, par l’entremise de ce monsieur, le capitaine DuPlessis, une requête du bon vieux seigneur de Champlain, signée par l’élite de la société des Trois-Rivières et des environs, se plaignant que vous, M. Deschesnaux, avez enlevé et épousé sa fille contre son consentement, je veux dire contre le consentement du père. Est-ce vrai, cela ?

— Oui, Excellence, c’est vrai.

À ces mots M. Hocquart devint plus pâle encore et il fut près de démentir l’assertion de Deschesnaux et d’avouer son mariage secret. M. de Beauharnais, remarquant sa pâleur, crut