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LE MANOIR

DuPlessis et son compagnon saluèrent en s’inclinant respectueusement et sortirent. Avant de regagner l’auberge, ils arrêtèrent chez le docteur Painchaud, qui les reçut d’abord froidement, mais il fut ensuite assez satisfait des explications que lui donna de Tonnancourt ; Quand on lui dit qu’un médecin inconnu appelé Refelliat, — c’était le nom que Taillefer se donnait maintenant en écrivant et prononçant son nom véritable en sens inverse, — avait procuré tout à coup un grand soulagement à M. Bégon, il se mit à sourire d’un air d’incrédulité, en répondant qu’il s’était bien douté que la maladie de ce dernier tenait plus ou moins de l’imaginaire.

En arrivant à l’auberge, DuPlessis trouva Taillefer assis dans un coin de la salle, l’air pensif.

— Y a-t-il du nouveau en quelque chose ? lui demanda-t-il.

— Oh ! monsieur, ne m’en parlez pas : j’ai fait la plus mauvaise rencontre…

— Quelle rencontre ? Expliquez-vous. Ce n’est toujours pas le diable, je suppose ?

— Pas lui tout à fait, mais guère ne s’en faut ; c’est au moins son agent, bien sûr.

— Mais encore, qui est-ce donc ?

— Degarde ! le docteur Degarde, en chair et en os ! Pendant que vous étiez au château Saint-Louis, je sortis pour visiter un peu la ville, et je m’aventurai vers la résidence de M. l’intendant Hocquart. Tout à coup je l’aperçus dans une fenêtre de l’entresol, du côté nord.

— Bah ! vous vous serez trompé. Vous aurez probablement pris quelque cuisinier pour lui.

— Oh ! non, monsieur, quand une fois on a examiné cette figure sinistre de près, on peut la reconnaître partout, sans crainte de se tromper. Aussitôt qu’il s’aperçut que quelqu’un le regardait du dehors, il s’est empressé