Page:Houde - Le manoir mystérieux, 1913.djvu/111

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
MYSTÉRIEUX
111

— M. Bégon se fait donc soigner par un empirique ?

— Je l’ignore, Excellence ; tout ce que je connais, c’est que ce médecin l’a pris dans un état presque désespéré, et qu’il l’a rendu à la santé.

— Quel que soit le mérite de ce médecin et de ses prescriptions, mon jeune monsieur, je reconnais, après avoir entendu ces explications, que votre motif était louable. Si M. Bégon est rétabli, c’est le principal de l’affaire. Néanmoins, vous feriez peut-être bien, avant de quitter Québec, d’aller répéter ces explications à M. Painchaud ; c’est un digne homme, et il vous saura gré de cette marque de déférence, qui lui est due, d’ailleurs.

De Tonnancourt répondit qu’il était chargé par M. Bégon lui-même d’aller saluer M. Painchaud de sa part et de lui expliquer comment il se faisait qu’on ne l’eût pas invité à entrer lorsqu’il était venu deux jours auparavant.

Le marquis se levait pour prendre congé d’eux lorsque DuPlessis, d’une main tremblante et d’une voix émue, le pria de daigner recevoir et lire l’humble requête qu’il avait l’honneur de lui présenter au nom d’un père infortuné, M. Pezard de la Touche, seigneur de Champlain.

— Votre Excellence me pardonnera, j’espère, ajouta-t-il, la liberté que je prends de lui présenter moi-même cette requête, au lieu de la faire passer par les mains de personnes plus élevées en dignité. C’est son indulgence et sa bienveillance reconnues qui me serviront d’excuse pour ma hardiesse auprès de Votre Excellence.

— C’est bien, répondit amicalement le gouverneur général, nous y donnerons notre attention, par considération pour le respectable M. de la Touche, et pour vous aussi, mon brave capitaine.