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LE MANOIR

— J’allais ajouter, reprit DuPlessis un peu intimidé, que j’étais particulièrement chargé d’expliquer à Votre Excellence comment cela est arrivé sans la connaissance de M. le commandant, qui à ce moment était plongé dans une espèce de sommeil léthargique.

— Il est donc mieux à présent ? demanda le marquis sur un ton adouci et bienveillant qui remit DuPlessis plus à l’aise.

— Oui, Excellence, nous l’avons laissé hier matin bien mieux. Il est considéré hors de danger maintenant.

— Je suis content d’apprendre cette nouvelle, dit M. de Beauharnais. Quant à l’aventure qui est arrivée à M. Painchaud, expliquez-moi donc cela, ajouta-t-il en indiquant de la main des sièges aux deux visiteurs.

— Le coupable est devant Votre Excellence, répondit de Tonnancourt, qui jusque-là n’avait encore rien dit. C’est moi qui suis allé ouvrir à M. le docteur Painchaud et qui lui ai dit qu’il était impossible pour le moment de voir le malade.

— Saviez-vous dans le temps que c’était le docteur Painchaud qui vous parlait ? demanda M. de Beauharnais.

— Oui, Excellence, il venait de me décliner ses nom et qualité et de m’informer du but de son voyage.

— Vous avez donc l’habitude, chez vous, de laisser entrer le médecin seulement quand les gens sont en bonne santé ? observa le marquis en souriant ironiquement ; c’est peut-être une sage précaution, qui, cependant, n’a pas fait honneur à mon médecin, et ne l’a guère flatté, non plus, je vous l’avoue.

— J’en suis bien peiné, continua de Tonnancourt ; mais M. le commandant était soumis au traitement d’un médecin qui avait déclaré que sa vie serait en danger si l’on interrompait son sommeil.