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MYSTÉRIEUX
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CHAPITRE XVI

AU CHÂTEAU SAINT-LOUIS


DuPlessis n’était pas fâché de trouver cette occasion d’aller voir le marquis de Beauharnais, à qui il avait à parler de l’affaire de M. Pezard de la Touche. Il accepta donc la proposition avec empressement. Il dut consentir à se faire accompagner par Taillefer, qui semblait tenir beaucoup à faire ce second voyage avec lui. Quelque chose disait au dernier que sa présence ne serait pas inutile à Québec en ce moment. Sur l’assurance qu’il donna que M. Bégon était sauvé, DuPlessis partit le jour suivant de grand matin, accompagné de lui et de Godfroy de Tonnancourt. À une heure un peu avancée du soir, ils descendaient tous les trois à l’« Auberge-du-Castor ».

Vers onze heures le lendemain, DuPlessis et de Tonnancourt étaient admis en présence du gouverneur général au château Saint-Louis. Le marquis de Beauharnais était un homme de moyenne stature, bien proportionné, à l’air courtois, sérieux et imposant tout à la fois.

— J’ai l’honneur de présenter à Votre Excellence, dit DuPlessis, les respects de M. le commandant des Trois-Rivières, de la remercier bien sincèrement de la marque si bienveillante d’intérêt qu’Elle a daigné donner à mon aimable maître en dépêchant M. le docteur Painchaud auprès de son lit de douleur, et…

— Est-ce par signe de reconnaissance, interrompit assez vivement le marquis, qu’on n’a pas laissé pénétrer M. Painchaud plus loin que le seuil de la porte ?