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MYSTÉRIEUX
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n’est pas ce que vous me présentez que je veux.

— Eh bien ! mon bon monsieur, je n’en ai pas de meilleure ; et en aurais-je, je ne vous en donnerais pas sans savoir ce que vous voulez en faire.

Taillefer s’approcha et lui murmura quelques mots dans une langue inconnue à DuPlessis.

— Saint prophète Élie ! s’exclama le marchand de drogues ; et il prit une clef dans sa poche, ouvrit une armoire, poussa un ressort qui fit sortir un tiroir secret, couvert d’une glace et renfermant une certaine quantité de poudre noire. Alors il tira une petite balance, pesa deux dragmes de la poudre, qu’il enveloppa soigneusement dans du papier, et dit :

— Pour un homme comme vous, ce n’est que moitié prix ; mais venez revoir le pauvre marchand de drogues. Vous jetterez un coup d’œil sur son laboratoire ; vous l’aiderez à faire quelques pas dans le sentier…

— Chut ! fit Taillefer en posant un doigt sur ses lèvres d’un air mystérieux. Il est possible que nous nous revoyions, mais il faut, avant que je communique avec vous, que vous arriviez à la connaissance de l’élixir. Et il prononça une couple de mots que DuPlessis ne put comprendre ni saisir.

Aussitôt il sortit gravement de la boutique du petit vieillard, qui le salua avec le plus profond respect.

— Monsieur peut voir que je n’ai pas perdu mon temps avec le docteur Degarde, dit Taillefer, comme il regagnait l’auberge avec DuPlessis ; car si je n’eusse connu les mots d’ordre des adeptes, du diable si ce Juif m’eût donné un grain de cette poudre précieuse.

Pendant qu’on préparait les chevaux, Taillefer, ayant emprunté un mortier, s’enferma dans une chambre, et pulvérisa et amalgama avec promptitude les drogues qu’il venait d’a-