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PRÉFACE

Quand il se rendit aux États-Unis [1], Frédéric Houde était jeune et imbu d’idées un peu avancées. Il donnait vers un libéralisme nuageux et indéfini. La république des États-Unis était pour lui l’idéal, et en dehors de son nouveau pays d’adoption, il ne voyait rien de bien, rien de beau. Frédéric Houde dont l’âme était noble et haute, et dont le sens de la justice était si grand, ne tarda pas au contact de Messire Druon à quitter ses idées de jeunesse pour embrasser celles de patriotisme, qui répondaient le mieux à son activité dévorante et à ses aspirations. Il ne cessa dès lors de se dépenser pour le bien de ses compatriotes, et durant les cinq dernières années qu’il passa aux États-Unis, on le vit prendre une part active dans toutes les sociétés, dans toutes les fêtes et toutes les conventions canadiennes-françaises.

Il se rendit d’abord à Saint-Albans, dans le Vermont, où il entra à la rédaction du « Protecteur Canadien », que rédigeait auparavant M. le grand vicaire Druon. Lorsqu’en 1872 cette publication fut suspendue, il entra à la rédaction de « l’Avenir National » que venait de fonder M. Antoine Moussette. Sous la direction de Frédéric Houde, ce journal prit une influence considérable ; mais comme Saint-Albans était un centre trop petit pour permettre à Frédéric Houde de déployer toutes ses facultés, de satisfaire son activité, il s’associa dans l’hiver de 1873, avec Ferdinand Gagnon et tous deux fondèrent à Worcester, dans le Massachusetts, « Le Foyer Canadien », dont la publication se continua en cet endroit jusqu’au mois d’août 1874, époque à laquelle Frédéric Houde revint à Saint-Albans avec son journal « Le Foyer », dont il était devenu le seul propriétaire. Au mois de juin de cette année, Frédéric Houde avait assisté comme délégué des Canadiens des États-Unis à la célébration de la Saint-

  1. (Houde assistait à la 6e grande convention annuelle des Canadiens des États-Unis, tenue le 30 août 1870 à Saint-Albans.)