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CHANT XII



QUATRIÈME RÉCIT :
LES SIRÈNES, CHARYBDE ET SCYLLA,
LES BŒUFS DU SOLEIL

« Quand du fleuve Océan a fui ma nef sonore,
Elle rentre, en croisant la mer aux larges flots,
Dans l’île Circéenne, où la brillante Aurore
A son dôme, ses chœurs et le char d’Hélios.
Arrivés, nous traînons la quille sur le sable,
Et nous descendons tous au rivage marin ;
L’on y dort, attendant le jour indispensable.

Dès que nous éblouit son lever purpurin,
J’envoie une escouade au palais de la Dive
Pour ravoir d’Elpénor le cadavre gisant.
Nous coupons des troncs d’arbre aux talus de la rive,
Et l’ensevelissons, pleins d’un chagrin cuisant.
Le mort et son armure achevés par la flamme,
On élève un tombeau qu’un cippe a rehaussé ;
Puis au sommet du tertre on implante sa rame.

Tels sont nos soins pieux. Mais, pimpante, Circé,
Nous sachant revenus du royaume horrifique,