Page:Homère - Les dix premiers livres de l’Iliade trad. Salel 1545.djvu/329

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    Diſant ces motz (Suyvy des Roys) il paſſe
Hors les Foſſéz, & vient droict à la Place,
Pleine de Mortz, ou Hector avoit faict :
Le jour devant en Armes maint beau faict,
Continuant juſques à la Nuict noire,
Sa glorieuſe & inſigne Victoire.
Eſtans venuz les bons Princes ſ’aſſirent
Tout bas en Terre, & a parler ſe meirent :
Ayans auſſi appelle en conſeil
Merionés combateur nom pareil,
Et le vaillant & preux Thraſymedés,
Apres les Roys des plus recommandez.
    Adonc Neſtor la fleur des Chevaliers,
Leur dict ainſi : Ô Amys ſinguliers,
Lequel de vous a tant de Confidence
En ſon eſprit tant de Force & Prudence,
Qu’il oſe aller juſque au Camp des Troiens,
Pour l’eſpier, & chercher les moyens
D’entendre au vray ſ’ilz veulent ſ’emparer
Les Champs prochains & gaigner leur Maiſon
Ayans occis de Grecs ſi grand foiſon ?
Il le ſcaura en prenant Priſonnier
Quelque Troien demeuré le dernier,
Ou bien (peult eſtre) il orra les Propos,
Qu’ilz ont enſemble en prenant le Repos.
Et ſ’il revient vers nous ſain, & rapporte
Entierement, comme tout ſ’y comporte,
Dire pourra qu’il aura mérité, Gloire
Immortele en la Poſterité,
Et davantaige il aura pour Guerdon
De ſon labour, de nous maint riche Don.