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CHAPITRE PREMIER

Un peu de comptabilité.


Et nous entrons dans le domaine du chiffre. Dans la comptabilité. Plus ne s’agit d’appréciations de faits dont la constatation peut au besoin varier, différer suivant les points de vue, suivant l’acuité de la vision, suivant même les lunettes que porte un chacun et sans quoi beaucoup ne sauraient voir. Ce qui fait que, de bonne foi, des gens mal placés, pour tout voir, ayant la vision trop courte pour voir loin, portant des lunettes trop noires pour voir clair, peuvent n’avoir pas sur le propos le même avis que l’homme sans lunettes, à bons yeux, placé pour voir au point élevé d’où l’on domine, d’où l’on peut regarder, scruter, fouiller tout le panorama. Ce qui fait que, malgré qu’il ne faille pas beaucoup d’intelligence, pas beaucoup de travail pour découvrir le vrai dans les apparentes confusions des réalités algériennes étudiées jusqu’à présent, nous ne saurions nous montrer impitoyables dans la condamnation des gens qui n’ont pas pu, qui n’ont pas su voir ce vrai. Nous pourrions nous faire taxer d’intolérance en affirmant qu’ils sont coupables de ne pas avoir vu la vérité, en disant que s’ils ne l’ont pas vue c’est qu’ils n’ont point voulu la voir. Peut-être leur faiblesse de vision, la débilité de leur intelligence ne leur permettaient ni de voir ni d’apprécier. Et cela ne suffirait point à les condamner sans appel, sans circonstances atténuantes.

On peut, malgré tout, comprendre qu’ils n’aient pas vu la nature du climat algérien, qu’ils n’aient pas vu la nature des hommes de l’Algérie, qu’ils n’aient