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de l’abbaye de pontigny.

Florentin. Les employés de Marie de Clèves, désirant se l’approprier, feignirent que des maçons, en travaillant chez Duguet, avaient trouvé un trésor, et sans autre formalité, ils l’adjugèrent à Marie de Clèves, comme un trésor trouvé dans sa terre. Le procès-verbal dit seulement que les maçons trouvèrent naturellement le petit coffre enfoui chez Duguet. Quoiqu’il en soit, les religieux revendiquèrent leur dépôt. Le cardinal leur abbé prit l’affaire en main, la fit évoquer aux requêtes du palais. Le cardinal de Bourbon, curateur de Marie de Clèves, et ensuite le prince de Coudé Henri de Bourbon lorsqu’il l’eut épousée, soutinrent vivement ce procès contre les preuves évidentes que fournissaient les religieux. Le rang des opposans fit traîner l’affaire en longueur. Il parait même qu’elle ne fut jamais jugée ; le trésor demeura entre les mains du vicomte de Saint-Florentin.

En 1575, les religieux autorisèrent un procureur du parlement pour réclamer, à Auxerre, les piliers en cuivre, la tombe en bronze de la châsse de saint Edme, et le plomb provenant de leur église. Ils savaient que tous ces objets étaient déposés chez Crux, dit Brusquet ; mais ils ne furent pas plus heureux qu’avec le vicomte de Saint Florentin. Brusquet sut éluder leur demande et les frustrer de ce qui leur appartenait. Quelles épreuves de la Providence ! Pourchassés de toutes parts, menacés, de la mort, les religieux voient leur abbaye pillée, incendiée, leur église polluée, les restes précieux de leurs saints patrons foulés aux pieds ou livrés aux flammes. Dès que l’orage a cessé de gronder sur