Page:Henry - Histoire de l'abbaye de Pontigny.pdf/151

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
141
de l’abbaye de pontigny.



ÉTIENNE DURAND.


T. i ,p. 25.Le choix des moines dans l’élection du nouvel abbé, en 1295, tomba sur le plus humble et le plus vertueux des frères. Ce choix éclairé fait l’éloge de la communauté qui vivait alors. Durand, abîmé dans la contemplation, mort depuis long-temps aux choses de ce monde, sentit qu’on le faisait sortir de sa vocation. Il assembla les religieux dans le chapitre, leur exposa son indignité, et les supplia de jeter les yeux sur un autre plus capable que lui, pour les diriger dans la voie du salut. Il fallut céder à ses instances. Alors on élut Symon, qui vécut peu d’années. Après sa mort, les regards se tournèrent encore sur Durand, qui fut élu d’un consentement unanime. Pour obéir à la voix de Dieu, qui l’appelait au gouvernement de l’abbaye, il accepta ; mais bientôt, effrayé du fardeau qu’on lui avait imposé, il donna sa démission pour la seconde fois et mourut dans une heureuse vieillesse, laissant aux frères l’exemple d’une humilité rare et d’un parfait religieux. Son corps fut déposé dans le chapitre du côté gauche en entrant, avec une épitaphe qui renferme l’éloge de ses vertus[1].

  1. Hàc Stephanus Félix Durandus clauditur urnà
    · · · · · · · · · · · · · · ·
    Hic virtute fuit, scientiâ, moribus ingenuis,
    Bis Pontiniaco præsul fait honore datus ;
    Novit et æternam sophiam, sparsurus arnicam
    Cum prece lustralem, siste viator, aquam.
    Obiit anno Domini m. ccci. xx die mensis…
    Det ei Omnipotens cælica rogna Deus,
    Mariæ virginis prece,
    Fruatur æternà luce.