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histoire

Lorsque saint Louis passa à Pontigny, son amour ferme et constant pour la justice effraya les ravisseurs de biens d’autrui. Le séjour qu’il fit dans nos pays fut trop court pour y mettre en vigueur les institutions dont il dotait la France ; néanmoins, le peuple le bénit, et même après sa mort, lorsque, les exactions désolaient les campagnes, sa mémoire vénérable était invoquée ; car les coutumes du pays étaient toujours les mêmes, et les mœurs publiques, telles que nous les avons vues au commencement de ce siècle. Des seigneurs ambitieux, des serfs avides, enlevaient les récoltes des fermes de l’abbaye, pénétraient dans les granges pour y exercer des spoliations, ou refusaient d’exécuter les legs testamentaires. On eut encore recours au chef de l’Église, à Grégoire IX. Il expédia une bulle, datée de Spolette, le 50 août 1254, qu’il adressa à l’archevêque de Sens, Voyez pièces justificatives.à ses suffragans, aux abbés, aux prieurs, aux doyens, aux archidiacres et aux autres supérieurs ecclésiastiques du diocèse de Sens, les priant, en général, de prendre en main la cause des religieux de Pontigny, et de poursuivre avec les censures de l’Église ceux qui se rendraient coupables de brigandage ou de violence envers leurs biens ou leur personne, d’employer les mêmes armes contre ceux qui refuseraient d’acquitter les testamens faits en leur faveur, qui prononceraient contre eux des sentences d’excommunication ou d’interdit, au mépris des induits du Saint-Siège, ou qui exigeraient des dîmes des biens qu’ils possédaient avant le concile général. « Si ces coupables sont laïques, dit le Pape, éteignez publiquement les cierges, chacun