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SECTION V, CHAP. IV.

reste, il la leur oppose ; elle est attaquée, battue : on lui en apprend la défaite. En proie, lui dit-on, à l’avarice et à la cruauté du vainqueur, Rome est pillée ; les citoyens fuient nuds ; ils n’ont le temps de rien emporter. Arcade impatient interrompt le récit : A-t-on, dit-il, sauvé ma poule ?

Tel est l’homme ceint de la couronne du despotisme ou des lauriers de la victoire (15). Affranchi de la crainte des lois ou des représailles, ses injustices n’ont d’autre mesure que celle de sa puissance. Que devient donc cette bonté originelle que tantôt M. Rousseau suppose dans l’homme, et que tantôt il lui refuse ?

Qu’on ne m’accuse pas de nier l’existence des hommes bons : il en est de tendres, de compatissants aux maux de leurs semblables ; mais l’hu-