Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 11.djvu/156

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
153
SECTION IX, CHAP. V.

métisme dépeuple l’état, aliene les Grecs, que le despotisme du grand-seigneur avilit la nation, que l’avarice et les vexations des pachas la découragent, que le défaut de discipline rend ses armées méprisables ; quel nom donnera-t-on à ce fidele citoyen ? celui de factieux ; on le livrera aux muets. La mort est à Constantinople la peine infligée à la révélation d’une vérité qui, méditée par le sultan, eût sauvé l’empire de la ruine prochaine qui le menace.

Par-tout où la nation n’est pas le puissant (et dans quel pays l’est-elle ?) l’avocat du bien public est martyr des vérités qu’il découvre. Quelle cause de cet effet ? la trop grande puissance de quelques membres de la société. Présenté-je au public une opinion nouvelle ? le public, frappé de sa nouveauté, et quelque temps incertain,