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les demi-civilisés

— Rien du tout ! Écoutez-moi donc. Vous parlez tout le temps ! Ma curiosité me porte vers une expérience comme celle-là. Je voudrais savoir comment un original de cette trempe saurait profiter d’une bonne occasion. Donnez-moi les moyens de la lui fournir.

— Je ne comprends pas. Voudrais-tu que je le recommande à mes amis, les ministres ?

— Mieux que ça. Je désire que vous l’aidiez, de votre capital, à fonder une œuvre où il agirait à son gré et se ferait valoir… plus précisément, un périodique, une revue où il écrirait ce qu’il voudrait, où nous lui donnerions assez de corde pour se pendre, s’il y avait lieu.

— Je crois que tu rêves, Mathée. Tu me fais penser à une petite fille qui n’est pas encore réveillée et qui divague. Fonder une revue pour un jeune homme ? Qu’est-ce que c’est que ce vaurien ?

— Ce vaurien est mon ami. Il m’a plu à première vue. Il s’appelle Max Hubert.

— Tu dis ?

— Max Hubert.

Luc chercha dans sa mémoire. Il ne connaissait aucune famille Hubert. Ce n’était donc pas du grand monde. Il répétait avec une mine déçue :

— Hubert… Hubert… connais pas ? Je n’aime guère te voir faire de l’oeil à des jeunes gens qui n’ont ni place ni famille.

— De famille ? Est-ce que vous en aviez une, vous, quand vous avez commencé ?