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Page:Haraucourt - Amis, 1887.djvu/41

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L’Orient bleuissait.

Desreynes était las, mais son sceptique ennui l’avait quitté…

Les heures avaient coulé pour lui, presque tristes et solennelles, dans ce ronronnement de souvenirs.

— Je suis seul au monde, moi, et je ne lui donne pas ce qu’il me donne !

Il baissa la glace du wagon, et le vent froid du matin lui lava le visage.

— Mais qu’est-ce que j’y peux, moi ? Je donne ce que j’ai.

Les champs, comme de monstrueux éventails rayés, se déployaient, tantôt verts, et tantôt marrons, vaguement cendrés par l’aurore prochaine. Des alouettes s’effarouchaient au milieu des terres, et montaient dans le ciel mauve.

— Ah, si je pouvais rajeunir !

Vœu moins stérile qu’on ne le croit, car il est comme l’aube d’une seconde jeunesse !

Et le jour parut.