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Page:Haraucourt - Amis, 1887.djvu/284

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plier d’accepter son pardon ? D’ailleurs, en parlant la première, elle conterait les choses à son gré : circonvenue, séduite, obsédée, sa pauvre force de femme avait résisté pendant des mois, sans rien dénoncer d’un attentat qui, dans les illusions d’amitié, eût désolé celui qu’elle aime ; surprise enfin, elle avait chassé le traître qui, sur son ordre, se sauvait maintenant. Par Dieu ! Une femme adultère a toujours raison, quand elle vient déclamer sa faute !…

Ah, l’on avait ri !

Pendant que Jeanne s’abandonnait à sa fougue d’emportement, Desreynes allait à la rencontre de son ami et le rejoignait bientôt.

— Les dénonciations continuent. Lis cela… Je sais aujourd’hui d’où proviennent ces turpitudes : elles sentent le plumeau. Barraton m’a rapporté des causeries de valetaille qui m’instruisent sur la source du mal. Nous allons nettoyer l’office, mon Georges ! Le difficile est de procéder sans que Merizette soupçonne le motif du balayage. Tu m’aideras… Mais dis-moi, à propos, tu pinces les soubrettes, mon gentilhomme ? Qu’est-ce donc, cette histoire de Louise ?

Le prévenu avoua qu’un jour, sans savoir comment…

— Et Merizette vous a vus ? Quoi d’étonnant qu’elle ait sermonné cette fille. Ah, parlons d’autre chose, tiens !

Mais aucun des deux ne parla plus. Enfin :