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tenait un énorme bouquet noué d’un ruban de satin crème, au chiffre brodé d’or : P. A. Mai 1883. Il rappela les bontés de monsieur le comte, les misères qu’il avait soulagées, et le plaisir toujours nouveau qu’ils avaient chaque année… Quand il eut fini de parler, les autres crièrent ensemble.

D’Arsemar, gêné au milieu d’un tel apparat, les remerciait. Plusieurs vinrent ensuite, et chacun rappelait quelque service rendu : Desreynes s’émerveilla de voir que la générosité pût engendrer autre chose que des rancunes. Il plaisanta son ami sur ce rôle de bon ingénieur, si goûté au théâtre et dans les revues, et qui avait fait la gloire sentimentale des littératures modernes ; c’était sa façon d’être ému, que de railler ses émotions. D’Arsemar serra la main de tous ; il exprima son regret d’une absence. Barraton, qu’il croyait innocent, et que sans doute on reverrait bientôt. Il laissa quelques louis à Berthaud, pour les distribuer après son départ, et ordonna de fermer les ateliers.

Pierre et Georges reprirent la grand’route.

— Donc, te voilà demi-dieu des foules, monsieur le comte : Saint-Vincent-de-Paul pour adultes, cours de bienfaisance à domicile, père et pair élu des libéraux à force de libéralités ! D’ailleurs, ils t’adorent, ces gens.

— Jusqu’à ce qu’ils me pendent.

— Hein ?

— Que ton scepticisme est donc jeune, mon pauvre