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sphère s’échauffa ; la sous-préfète parut ; les dialogues s’animaient.

Sous les fenêtres du salon, des accords se modulèrent et tout un orchestre chanta : les dames immobiles avaient de tendres airs pensifs ; les demoiselles arrangeaient d’un coup de main les plis de leurs jupes ; les messieurs, raides contre les chambranles, s’étudiaient à écouter. Un petit mouvement de tête signalait parfois les plus apparents connaisseurs ; il entraînait aussitôt beaucoup d’autres mouvements de têtes. L’orchestre s’enleva, dans une brusque colère de cuivres, et tout le monde se redressa en souriant de plaisir.

— Quelle jolie installation !

Les dialogues reprirent discrètement ; mais la comtesse ayant parlé tout haut, chacun parla.

Jeanne traversa le salon, seule, sous l’éclat des lustres ; à sa droite et à sa gauche les faces tournaient comme dans un sillage. Maintenant, l’orchestre soutenait les conversations, et quand il se tut, on fut gêné pour parler encore.

Les hommes s’approchèrent des fauteuils comme des automates de salutations.

— Madame !

— Monsieur !

Le baron de Valtors se multipliait auprès des plus jeunes ; bon nombre en étaient flattées.

— Ne chanterez-vous pas quelque chose ?

— Vous nous direz des vers ! Le baron dit si bien, madame !