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pieds, qu’on entrevoyait sous la maille des soies, s’habillaient à peine d’un fin soulier, et les gants noirs, aux manchettes de dentelle, montaient jusqu’à la naissance des bras. Elle avait aux oreilles deux clous de diamant, qui scintillaient au-dessous des cheveux sombres et plaqués ; et marmoréenne ainsi, d’un bloc posé sur son socle d’ébène, elle ressemblait à un buste vivant de Paros.

Les deux hommes furent éblouis : elle était superbe et désirable, décente aussi, malgré l’audace de ses épaules dévêtues.

Elle souriait et se tourna.

À sa nuque ondulaient des frisons légers ; sur son dos, souple et charnu, le corsage s’évasait. Elle resta sans bouger, le visage de profil, se détachant en clarté sur la pénombre d’une fenêtre. Oui, vraiment belle, elle l’était !

Georges, fasciné, s’approcha. Elle inclina la tête. Ses vêtements paraissaient dressés autour d’elle ; il semblait qu’en la saisissant au col, comme on empoigne un glaive, on l’eût dégainée toute nue !

Pierre un peu jaloux des hommes qui la verraient ainsi, voulait parler, quand un domestique cria des noms : avec force révérences, les trois promeneurs du parc arrivèrent en file indienne, inquiets sur le parquet glissant : ils s’assirent, les genoux tendus, en cachant leurs pieds sous les fauteuils.

— Mais très bien, je vous remercie, disaient-ils. Et l’on parla de la saison.