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la vie. On ne sait quel est ce personnage, que l’on a pris longtemps pour le nouveau duc d’Urbin, Guidobaldo II : des portraits authentiques de ce prince contredisent l’hypothèse. Il tenait alors brillante cour à Pesaro, et Titien fut son hôte fêté vers cette époque ; on sait que le maître y peignit un grand nombre de portraits de grands seigneurs et de lettrés, dont on n’a pas retrouvé la trace ; il est donc probable qu’il faut voir dans le portrait de Cassel un des familiers de la cour de Pesaro. Là aussi fut peinte sur le couvercle d’un portrait une allégorie représentant l’Amour domptant un tigre.


VI

En 1542, Titien entre en relations avec la famille Farnèse ; il fait à Venise, à la grande satisfaction des gouverneurs de ce jeune prince, le portrait de Ranuccio Farnèse, petit-fils du pape Paul III ; là-dessus, il reçut de pressantes invitations de se rendre à Rome, surtout de la part du cardinal Alexandre Farnèse, frère de son jeune modèle, et grand protecteur des arts en Italie. L’année suivante, une occasion se présenta pour l’artiste d’être présenté au Pape lui-même. Celui-ci, gagnant Busseto où il devait se rencontrer avec Charles-Quint, se rencontra d’abord à Ferrare avec Titien qui le suivit à Bologne. Dans cette ville, il peignit plusieurs portraits, le Pape lui-même, son fils Pier-Luigi, duc de Castro, un double portrait du Pape avec son fils, et celui du cardinal