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réellement son chef, ce que vos élèves n’admettront jamais, parce qu’elles se sauront, comme beaucoup de femmes se savent déjà, la preuve vivante du contraire, et qu’elles jugeront fausse une théorie contredite par les faits.


VIII


Toutes les religions, dites positives et naturelles, étant des créations de la conscience humaine, vous me demanderez sans doute, Madame, s’il vous est permis d’en inculquer une à vos élèves ; s’il est même possible qu’elles y croient lorsqu’elles seront rationnellement élevées.

Il n’y a que les esprits sans portée, les cœurs sans chaleur qui ne se posent pas d’hypothèse sur l’Univers, la Divinité, l’Immortalité individuelle, l’accord de la Justice et du bonheur, etc., etc. Or, vos élèves ne seront pas de ce nombre : cette hypothèse, origine d’une religion positive, elles se la poseront et la résoudront, si vous ne la posez et ne la résolvez pour elles.

La femme est trop vivante, elle qui donne la vie, et vos enfants auront une trop forte personnalité, pour croire à l’anéantissement de leur être.

Vous leur aurez appris que toute tendance existe en vue d’une fin ; elles sentiront et comprendront qu’en elles se trouvent une foule d’aptitudes et de besoins qu’une seule vie ne peut développer et satisfaire : elles en induiront une vie future, que leur vif sentiment de la justice ne leur permettra pas de concevoir autrement que comme la conséquence logique de l’emploi de celle-ci.