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Page:Gustave Flaubert - Trois contes.djvu/247

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qui sont des victoires démesurées de la volonté sur la nature… Peut-être aimerais-je mieux que Félicité fût un peu plus intelligente ; mais je ne voudrais pas qu’elle le fût trop, car elle ne pourrait plus avec vraisemblance être aussi merveilleusement bonne ; elle saurait qu’elle l’est, et ce ne serait plus la même chose.


Sur Hérodias :

Hérodias est dans les mêmes teintes (l’expression est exacte) que Salammbô… Mais ici un effort excessif se fait sentir dans cette brièveté ; les personnages et les actions ne sont pas assez expliqués ; il y a trop de laconisme dans ce papillotage asiatique, et cela ne peut plaire qu’aux fidèles de M. Flaubert, à ceux qui l’aiment, même et surtout dans l’outrance de ses partis pris. Hérodias est à peu près à Salammbô ce qu’Un Cœur simple est à Madame Bovary.


Sur La Légende de Saint Julien l’Hospitalier :

La Légende de Saint Julien est un bijou gothique d’une rare perfection… Chaque page évoque l’idée d’un vitrail ou d’une enluminure de missel. Ceci est du moyen âge cuit patiemment avec une lampe d’émailleur, non barbouillé avec fougue, comme on faisait vers 1830… Je la trouve vraie (cette légende en ce que Julien, parricide et saint, avec son amour du sang et son amour de Dieu, symbolise à merveille le moyen âge, violent et mystique.