Page:Gustave Flaubert - Trois contes.djvu/225

Cette page a été validée par deux contributeurs.


vaille la peine d’être noté. Je n’ose guère essayer de te décrire la vie que je mène ici ; elle ressemble trop à certains tableaux si bien tracés dans Un Cœur simple…

Allons adieu, mon cher camarade, assez bavardé comme cela, je t’embrasse fort et te serre la main de tout mon cœur. Mille tendres souvenirs à ton aimable nièce, que j’aime beaucoup, et mes compliments bien empressés à Monsieur Commanville.

Ta vieille amie,

Laure de Maupassant[1]______




Merci !

Nous causerons longuement de vos contes, mon grand ami, et je vous embrasserai pour la peine. Vous avez eu des nouvelles de la conférence de Sarcey ; vous a-t-il dit qu’il vous comparait à Goya ? — Si vous n’êtes pas content de lui après ça !

L’embarras est de jeter la pomme à vos trois fantaisies, je suis perplexe.

Vous m’aiderez à me tirer de là.

Encore merci.

Georges Pouchet.______


Georges Pouchet habitait Concarneau. C’est auprès de lui que Flaubert écrivit La Légende de Saint Julien l’Hospitalier.




Paris, ce samedi matin.

______Cher grand Poète,

Je viens d’avaler vos trois nouvelles comme mon ami Carrière avale trois verres de bon vieux rhum en une heure. Vous avez été plus grand peintre ailleurs peut-être, nulle part vous n’avez été plus grand poète. Vous n’avez pas seulement vu les choses extérieures en les rendant avec le relief que l’on appelle le

  1. Mère de Guy de Maupassant.