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Page:Gustave Flaubert - Trois contes.djvu/169

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— Tu as tort, mon maître ! Il ordonne au peuple de refuser l’impôt.

— Est-ce vrai ? demanda tout de suite le publicain.

Les réponses furent généralement affirmatives. Le Tétrarque les renforçait.

Vitellius songea que le prisonnier pouvait s’enfuir ; et comme la conduite d’Antipas lui semblait douteuse, il établit des sentinelles aux portes, le long des murs et dans la cour.

Ensuite, il alla vers son appartement. Les députations des prêtres l’accompagnèrent.

Sans aborder la question de la sacrificature, chacune émettait ses griefs.

Tous l’obsédaient. Il les congédia.

Jonathas le quittait, quand il aperçut, dans un créneau, Antipas causant avec un homme à longs cheveux et en robe blanche, un Essénien ; et il regretta de l’avoir soutenu.

Une réflexion avait consolé le Tétrarque. Iaokanann ne dépendait plus de lui ; les Romains s’en chargeaient. Quel soulagement ! Phanuel se promenait alors sur le chemin de ronde.

Il l’appela, et, désignant les soldats :

— Ils sont les plus forts ! je ne peux le délivrer ! ce n’est pas ma faute !

La cour était vide. Les esclaves se reposaient. Sur la rougeur du ciel, qui enflammait l’horizon,