Ouvrir le menu principal

Page:Gustave Flaubert - Trois contes.djvu/157

Cette page a été validée par deux contributeurs.



Ensuite, les Galiléens dénoncèrent Ponce-Pilate. À l’occasion d’un fou qui cherchait les vases d’or de David dans une caverne, près de Samarie, il avait tué des habitants ; et tous parlaient à la fois, Mannaeï plus violemment que les autres. Vitellius affirma que les criminels seraient punis.

Des vociférations éclatèrent en face d’un portique, où les soldat savaient suspendu leurs boucliers. Les housses étant défaites, on voyait sur les umbo la figure de César. C’était pour les Juifs une idolâtrie. Antipas les harangua, pendant que Vitellius, dans la colonnade, sur un siège élevé, s’étonnait de leur fureur. Tibère avait eu raison d’en exiler quatre cents en Sardaigne. Mais chez eux ils étaient forts ; et il commanda de retirer les boucliers.

Alors, ils entourèrent le Proconsul, en implorant des réparations d’injustices, des privilèges, des aumônes. Les vêtements étaient déchirés, on s’écrasait ; et, pour faire de la place, des esclaves avec des bâtons frappaient de droite et de gauche. Les plus voisins de la porte descendirent sur le sentier, d’autres le montaient ; ils refluèrent ; deux courants se croisaient dans cette masse d’hommes qui oscillait, comprimée par l’enceinte des murs.

Vitellius demanda pourquoi tant de monde. Antipas en dit la cause : le festin de son anniversaire ; et il montra plusieurs de ses gens, qui,