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Page:Gustave Flaubert - Œuvres de jeunesse, II.djvu/58

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SMARH.

Cet océan dont tu parles est donc aussi fort que celui-ci ?

SATAN.

Plus vaste encore, et ses tempêtes font plus de ravages.

SMARH.

Et où donc chercher un refuge si tout n’est que néant, corruption, abîme sans fond ?

SATAN.

Ah ! Où donc ? Que sais-je ?

SMARH.

Le bonheur n’est donc qu’un mensonge ?

SATAN.

Non, il existe.

SMARH.

N’est-ce pas dans la joie, dans le bruit, dans l’ambition, dans les passions qui remuent le cœur et le font vivre ?

SATAN.

Oui, dans tout cela, joies ou peines, voluptés ou supplices, le cœur se gonfle et s’agite.

SMARH.

Mais je voudrais voir le monde, car je ne sais rien de la vie.

SATAN.

Il est facile de tout t’apprendre, je vais t’y conduire. Il appelle : « Yuk ! Yuk ! » Yuk paraît.

YUK.

Quoi, mon maître ?