Page:Gustave Flaubert - Œuvres de jeunesse, II.djvu/29

Cette page n’a pas encore été corrigée


SATAN.

Arrête, tu déraisonnes, ton esprit encore borné ne peut monter plus haut ; tu es comme les autres hommes, le monde est plus haut que ton intelligence ; c’est ton front trop élevé pour ton bras d’enfant ; tu te tuerais en voulant l’atteindre, il te faut quelqu’un qui te monte à la hauteur de toutes ces choses, ce sera moi.

SMARH.

Et que m’enseigneras-tu donc ?

SATAN.

Tout !

SMARH.

Viens donc !

SATAN.

Dans les airs. Satan et Smarh planent dans l’infini.

SMARH.

Depuis longtemps nous montons, ma tête tourne, il me semble que je vais tomber.

SATAN.

Tu as donc peur ?

SMARH.

Aucun homme n’arriva jamais si haut ; mon corps n’en peut plus, le vertige me prend, soutiens-moi.

SATAN.

Rapproche-toi plus près de moi, viens, cramponne-toi à mes pieds, si tu as peur.

SMARH.

étrange spectacle ! Voilà le globe qui est là, devant moi, et je l’embrasse d’un coup d’œil ; la terre me