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comme à Cette, à Béziers, par exemple, emparés de la mairie, administrant, en qualité de commission municipale, la localité qu’ils dominaient encore en tant que garde nationale. Et sans se rendre compte qu’avec l’écrasement de Paris un pareil état de choses ne durerait pas, ne pouvait pas durer, on se demandait ce que à s’insurger on pourrait, même victorieux, obtenir de plus que ce que l’on avait.

Il n’était pas jusqu’à la Commune qui ne favorisât cette disposition funeste en présentant la révolution accomplie le 18 mars comme exclusivement parisienne, municipale ; en même temps que, par ses déclarations répétées que ses seules forces suffiraient à avoir raison de Versailles, elle retint l’arme au pied, une foule de braves gens qui se fussent fait, au contraire, un devoir d’intervenir à coups de fusil, si on leur avait dit franchement ce qu’il en était, c’est-à-dire que la victoire n’était possible qu’au prix de leur entrée en ligne.

Telles sont — je le répète — les raisons de la défaite d’un mouvement qui avait pour lui plus des deux tiers du pays, et il n’y en a pas d’autres. Messieurs les conservateurs pourront s’en convaincre en temps et lieu.

(Die Zukunft, 1877.)


18 MARS 1871 — 18 MARS 1892



La Commune de 1871, dont nous célébrons aujourd’hui le vingt-et-unième anniversaire, a clos, pour le prolétariat, l’ère des révoltes qu’on peut appeler chaotiques, en même temps qu’à l’exemple de ce philosophe qui prouvait le mouvement en marchant, elle a