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façon toute bonapartiste d’appliquer le proverbe : le feu purifie tout ;

Que l’on songe enfin et surtout que sur les 36.000 empontonnés de juin-juillet et sur les 10.000 condamnés contradictoirement de 72-78, en pleine légende de pétrole, de pétroleuses et de pétroleurs, c’est à peine si une quinzaine ont pu être, je ne dis pas convaincus, mais frappés comme incendiaires ; et, si l’on n’est pas dénué de tout bon sens ou de toute justice, on devra reconnaître la vanité et l’odieux de ce rideau de flamme et de fumée que les vainqueurs ont essayé de tirer sur le programme et le but des vaincus.

(La Révolution française, 1879.)


LE 18 MARS



Tous les efforts des radicaux bourgeois pour le réduire après coup à une simple affirmation républicaine ou à une revendication municipale — d’aucuns disent à un accès de fièvre obsidionale — n’empêcheront pas le 18 Mars d’être ce qu’il a été et ce qu’il deviendra toujours davantage :

1. Une révolution ouvrière continuant et complétant les journées de Juin 1848 et les insurrections lyonnaises des premières années du règne de Louis-Philippe ;

2. Une révolution économique ou sociale dont les racines plongent jusqu’à la fin du siècle dernier en pleine Conjuration des Égaux.

Le 18 Mars est presque exclusivement prolétarien.