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comices et de lui fournir ainsi contre Versailles une arme dont la légalité ne devait pas faire doute pour la masse ?

Remarquez que je ne tranche pas la question — très secondaire pour moi, mais d’une portée considérable pour les partisans à outrance de la légalité, quelle qu’elle soit. Je me contente de la poser, ou si l’on aime mieux, de l’opposer à l’affirmation de l’exposé des motifs que, dans ses moyens d’action, la Commune aurait été « le plus grand des crimes », ce « crime » se trouvant de la sorte partagé par plusieurs des hommes qui sont des puissances dans la République du moment.


La Commune. — Ses actes.


Quoique l’exposé des motifs, que la Chambre des députés a fait sien, ainsi que le Sénat, en en adoptant les conclusions, parle des « actes accomplis sous les yeux de l’étranger », nous n’avons pas conservé ce sous-titre, et pour deux raisons :

La première, c’est que la révolution du 18 Mars 1871 n’est pas la première qui ait été « accomplie sous les yeux de l’étranger ». La révolution du 4 septembre 1870 ne s’est pas opérée sous d’autres auspices, — avec cette différence cependant, qui ne me paraît pas une atténuation, qu’en 1870, lorsque les Jules Favre, les Ferry et autres Simon se décidèrent à sortir de la légalité impériale pour entrer dans le droit républicain, les canons de « l’étranger » tiraient à toute volée sur la France et sur Paris, pendant qu’en 1871, lorsque les Varlin, les Vermorel, les Malon, etc… furent amenés à sortir d’une légalité sans nom, pour rentrer dans le droit ouvrier et socialiste, ces mêmes canons de l’étranger se trouvaient encloués par la paix signée à Versailles et ratifiée à Bordeaux.