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ment — puisqu’il n’était prévu et puni par aucun article de nos lois — un pareil « crime » serait jugé suffisamment réprimé par les vingt-cinq mille exécutions sans jugement, les trente-huit mille empontonnements et les dix mille condamnations contradictoires ou par défaut qui constituent depuis huit ans « le châtiment au nom des lois et par les lois », déclaré par le petit Thiers seul digne « d’honnêtes gens ».


La Commune. — Ses moyens d’action.


Les « moyens d’action » que l’on impute à « crime » à la Commune, ont été de doux sortes :

Il y a eu le moyen électoral, le bulletin de vote mis dans les mains des Parisiens par leurs maires officiels, auxquels s’étaient joints, pour la circonstance, leurs représentants à l’Assemblée.

Il y a eu ensuite, — lorsqu’au lieu d’accepter le fait accompli, de s’incliner devant l’expression de la souveraineté nationale parisienne, l’Assemblée de Versailles ne voulant pas pactiser avec ce qu’elle nommait une émeute et ce qui était bel et bien une révolution, en appela à la force, au canon, a « la plus belle armée que la France ait jamais possédée », — « il y a eu la force, le canon, les bataillons de la garde nationale fédérée », — le moyen militaire.

Que ce dernier moyen fut « criminel », ainsi que le prétend l’exposé des motifs des ministres de M. Grévy, c’est ce que nous n’avons — et pour cause — ni à confirmer, ni à contester.

Ils l’ont employé en 1830, — M. Grévy tout le premier, si j’en crois tous ses biographes, — et loin de le tenir pour « criminel », comme il avait été employé avec succès, il fut déclaré, non pas « criminel », mais justicier et libérateur.

Ils l’ont employé en 1848 — et, pour la même raison