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MARIE-DIDACE

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— Ah ! que la belle noce !

Dans la cuisine des Provençal, Jacob Salvail, le coude au genou et le menton dans la main, fixant un rond de tapis, parut réfléchir avant de répondre :

— Ouais, une grosse noce ! comme il s’en est rarement vu, même à Sainte-Anne !

Durant deux jours et une nuit, la table resta mise et regarnie de bord en bord à mesure. Sans parler des tournées de petit-blanc.

Le six-pâtes fut sans contredit la pièce de résistance. Les premiers y goûtèrent avec une légère méfiance.

— Vous me jurez, demanda un vieux de Maska, qu’il rentre rien de ce qui porte plume, dans ce plat-là ?

— Pourquoi, le père ? demanda une jeunesse.

— C’est contraire à mon estomac. J’en ai jamais mangé. Je commencerai pas à mon âge.

— Ah ! ben, misère à poil ! Ils m’avaient toujours dit que les gros casques de Maska avaient l’estomac tôlé.