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mes mémoires

Ce sont pourtant les bustes de Dollard qui vont donner lieu aux plus impressionnantes manifestations. L’Action française a fait fabriquer, en plâtre bronzé et en diverses dimensions, une réduction du buste de Dollard de l’artiste Laliberté, le Dollard du monument du Parc LaFontaine, à Montréal. Le dessein reste le même : propager le culte du héros. Vendu à prix modique, l’article s’enlève avec rapidité. Sur combien de cheminées domestiques, combien de bureaux de cabinet de travail, combien de socles, Dollard ira se poser. Dans les collèges, les collégiens l’installent dans leurs salles de cours. Dollard ira s’asseoir encore plus haut. Une jeunesse enthousiaste, et d’un cran qu’on retrouverait difficilement dans la génération d’aujourd’hui pour des causes de cette nature, se met en tête d’installer Dollard dans nos édifices publics, dans nos plus hautes institutions. À Montréal, la jeunesse étudiante de toutes les facultés, bannières au vent, armée de pancartes à la louange de Dollard, porte le buste le 23 avril 1924 à l’Université de la rue Saint-Denis. Antonio Perrault raconte la manifestation dans L’Action française (XI : 291-296). Elle ne manque point de solennité : discours enthousiaste, émouvant de Jean Bruchési, président, je crois, de notre groupe d’Action française à l’Université ; discours de même ton du recteur, Mgr Piette, de M. de Vitrolles, consul de France au Canada, du maire de Montréal, M. Charles Duquette, et surtout de sir Lomer Gouin, ancien premier ministre à Québec, et pré-