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Page:Grave - Les Aventures de Nono.djvu/50

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— Oh ! madame, ça se voit bien, fit l'enfant qui s'enhardissait.

— Ah ! Et à quoi t'en es-tu aperçu ?

— Parce que je vois toutes les autres abeilles s'empresser près de vous et vous servir ; aussi à la couronne d'or que vous avez sur la tête.

— Enfant ! va, fit la dame, en riant cette fois franchement ; ce sont mes cheveux que tu prends pour une couronne ; quant aux abeilles que tu vois si empressées à me servir, elles ne sont, apprends-le, ni esclaves, ni dames de la cour, ni servantes, ce sont des filles dévouées qui ont soin de leur mère, qu'elles aiment. »

Nono, tout décontenancé, se rappela en effet que l'abeille qui l'avait conduit, lui avait parlé de « notre mère », et comme il la voyait se tenir près de lui, avec un petit sourire railleur, il devint rouge comme une pivoine. Mais il retrouva la force de dire, pour s'excuser que c'était à l'école qu'on lui avait appris que les abeilles étaient gouvernées par une reine.

— Mon enfant, fit la dame, en reprenant sa gravité, tout en continuant à sourire avec