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Page:Grave - Les Aventures de Nono.djvu/361

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service venait de finir, il avait trois heures de libres devant lui.

Ce geôlier, malgré le métier répugnant qu’il faisait, était plutôt un ignorant qu’un méchant homme. Sa double physionomie tenait plutôt du chien de garde que de la bête féroce.

À vingt ans, il avait été enrôlé parmi les soldats de Monnaïus. Là, il avait pris l‘habitude d'obéir et de vivre sans s‘inquiéter de rien. Chez ses parents il avait vu combien était difficile la vie de l’ouvrier, excédé de travail à certains moments, sans cesse hanté par la crainte du chômage et de la misère. Aussi, son temps fini, il avait sollicité cette place que sa bonne conduite lui avait fait avoir tout de suite.

Et c’était sans se rendre compte de la triste idée qu’il donnait de son caractère qu’il racontait cela ; avec fierté, même.

Mab lui demanda si ça ne le rendait pas triste de voir les prisonniers. Il devait y avoir, en la prison, des désespoirs terribles, des crises de larmes et de sanglots !

Le geôlier haussa les épaules. Ceux qui se