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Page:Grave - Les Aventures de Nono.djvu/342

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dait sourd. Le valet se plaignait de la dureté des maîtres qui l’accablaient de travaux et refusaient de lui accorder une légère augmentation.

— Dame, faut être juste aussi, disait la servante, le maître a des frais. Pense donc qu’il te donne déjà trente écus par an. À ce prix-là, les valets de ferme ne lui manqueront pas. Il en passe tous les jours qui ne demanderaient pas mieux que de se louer, même pour moins.

— Oui, mais lui feraient-ils la besogne que je lui fais ?

— Oh ! pour ce qui est de ça, tu ne dors pas sur la besogne, et tu n’es pas embarrassé à n’importe quels travaux de la ferme. C‘est bien pour cela que le maître tient à toi. — Mais deux écus de plus, c'est une somme, sais-tu ?

— Deux écus, qu’est-ce que c‘est pour lui ! Mais il est avare. Il préfère entasser ses pièces d'or, sans compter le champ qu’il vient de prendre à ce pauvre diable de Jean Bidou qui n‘a pas pu lui rembourser les pistoles qu’il lui avait prêtées, et qui en vaut le double. Et le