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Page:Grave - Les Aventures de Nono.djvu/221

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peu fêlé ; alors il dit ce qui lui vient, sans savoir. »

Nono sentait confusément que si le fermier eût été en peine de trouver des bras pour l’aider à cultiver ses champs, c’est que, précisément, il prétendait en conserver pour lui tout le profit. Mais, trop jeune pour bien démêler ses propres idées et trouver les expressions justes pour répliquer, il se tut, très mortifié qu’on le crût un peu fou.

— Alors, tu dis comme ça, reprit le fermier, qu’il n’y avait pas d’argent à Autonomie, que chacun prend ce qu’il veut ? Mais comment paie-t-on les archers pour vous défendre des voleurs ?

— Je n'ai jamais vu d’archers, ni entendu parler de voleurs.

— Vous n’aviez pas de soldats, pas de messiers, ni d’archers du guet ? Tu nous en contes. Vous vous seriez continuellement battus pour avoir les meilleurs fruits.

— Ça n’est jamais arrivé pendant que j’y étais. — Je ne me suis battu qu’une fois. Ce