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Page:Grave - Les Aventures de Nono.djvu/215

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de son appétit, que l’on ne donne rien pour rien dans le pays de Monnaïus, ajouta :

— Dites-lui que, s’il a des enfants, je leur ferai de la musique à la veillée pour les amuser. »

Et il sortit l’accordéon de sa boîte et se mit à jouer un pas redoublé.

Depuis qu’il était en marche, son accordéon lui avait valu ainsi quelques écuellées de soupe, une place dans la grange. Mais ce n’était que dans les fermes isolées, dans les petits villages loin de toute communication, où les distractions sont rares. Dans les bourgs un peu importants, sa musique avait peu de succès, et il devait, le plus souvent, se coucher le ventre creux, en quelque renfoncement, dans l’encoignure d’une porte.

— Bon, je vais le dire au maître, fit l’homme, qui disparut.

— Rentre, fit-il en revenant, et en apaisant les chiens. Et il conduisit le voyageur dans une grande salle noire, enfumée, meublée seulement d’une grande table au milieu ; une maie dans un coin, un buffet plus loin, au plafond