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Page:Grave - Les Aventures de Nono.djvu/192

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craignant que sa liqueur n‘ait pas réussi à troubler complètement la raison de sa victime, il y en a bien quelques-uns qui n’en ont pas, mais on leur donne ce dont ils ont besoin ; s‘ils ont de la volonté et savent s‘arranger, ils peuvent arriver à s’en procurer. »

Nono, dont la raison vacillait de plus en plus, ne remarqua pas ce qu’avait de vague et d’embarrassé cette réponse. Cela ne se passait-il pas ainsi, du reste, à Autonomie, où chacun trouvait à satisfaire ses goûts, où l’on était plein de prévenance l'un pour l’autre ?

— Ainsi, toi, tu me plais, continua Monnaïus, je veux faire quelque chose pour toi. Je vais te mettre à même de te procurer une de ces baguettes. Tu vois que la mienne a, de place en place, des bourgeons comme une branche d’arbre. Ces bourgeons, on les détache lorsqu’ils sont grands comme celui-là — et il en montrait un. — Et ces bourgeons grandissent et deviennent baguettes à leur tour. Tiens ! je vais enlever celui-là, qui est mûr et te le donner. »