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LE VIEIL ACADÉMICIEN.

Je ne vous cèlerai pas que si… il y a assez longtemps comme ça que je radote.


LE PRINTEMPS.

Oui, votre académie, c’est bien solennel.


LE VIEIL ACADÉMICIEN.

Ça manque de femmes.


LE SORCIER.

Vous êtes trop vieux.


LE VIEIL ACADÉMICIEN.

Ah ! si j’étais plus jeune, nom de d’là !… (Il fait un entrechat et trébuche.) Ah ! mon rhumatisme ! mon rhumatisme !


LE SORCIER.

Tiens, goûte de mon élixir, et tu rajeuniras… Tu changeras de tête, tu redeviendras gai et folichon.


LE VIEIL ACADÉMICIEN.

Oh ! folichon !… je donnerais tout le dictionnaire pour être folichon.


LE SORCIER, lui donnant à boire.

Sois-le !


LE VIEIL ACADÉMICIEN, changeant d’allures.

Au diable les classiques ! n’en faut plus ! qu’on m’apporte les tragédies de Paris ! Je veux lire les tragédies de Paris !

Il jette son bonnet et sa robe, et parait en jeune homme.


LE PRINTEMPS.

Quel changement !


TOUS.

Et nous ?


LE SORCIER.

Un instant ! il y en a pour tout le monde !


LE JEUNE ACADÉMICIEN

Allons, allons, de la gaîté, de l’entrain ! je me sens des envies folles d’écrire des préfaces sur des airs de polka.

Air : de la Jolie Parfumeuse.
––––––––Allons faire la noce,
––––––––Au diable le latin !
––––––––Faisons-nous une bosse,
––––––––Vive joie et festin !
––––––Fourrons dedans l’académie
––––––Un peu de fleur de camélia !

LE PRINTEMPS.
––––––Et, pour guérir son anémie,
––––––D’extrait d’Alphonse et cætera !…