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LA LUNE ROUSSE.

Des bourrasques ! quelle plaisanterie ! Depuis que j’ai changé de quartier, je suis devenue douce, mais douce comme un petit mouton.


LE PRINTEMPS.

Ce n’est pas ce qu’on dit, et ta maudite influence…


LA LUNE ROUSSE.

Bah ! des cancans, des préjugés !

Air : du Savetier et le financier.
I
–––––––En retard si la fraise pousse,
––––––––Et si les petits pois
––––––––Sont réduits aux abois,
–––––––Si l’on s’enrhume, si l’on tousse,
––––––––Contre moi dans Paris,
––––––––On jette les hauts cris ;
–––––––Pourtant, je ne suis pas si
–––––Rousse, rousse, rousse, rousse, rousse,
–––––––Non, non, je ne suis pas si
–––––––Rousse, rousse, rousse, rousse,
–––––––––Qu’on le croit ici !
II
–––––––Quand les affair’s vont à la douce,
––––––––Lorsque le trois pour cent
––––––––A la Bourse descend,
–––––––Quand, à la Chambre, on se trémousse,
––––––––La foule des badauds
––––––––Me met tout sur le dos ;
–––––––Pourtant, je ne suis pas si
–––––Rousse, rousse, rousse, rousse, rousse,
–––––––Non, non, je ne suis pas si
–––––––Rousse, rousse, rousse, rousse,
–––––––––Qu’on le croit ici !

Et si seulement tu mettais le nez à la fenêtre…


LE PRINTEMPS.

Ah ! bien oui, mettre le nez à la fenêtre pour attraper le coup de la mort ! Pas si bête !


LA LUNE ROUSSE.

Je te dis que le soleil brille, que les arbres sont en fleurs, qu’il fait tiède, qu’il fait chaud, en un mot, le plus beau temps du monde…

Déclamant.

Pour aller à cheval sur la terre et sur l’onde.